Phantasmagoria, le village fantôme
RPG Survival Horror Fantastique
Interdit aux moins de 16 ans

Je vous souhaite de ne jamais rien voir et de ne jamais me croire, alors. Parce qu'il ne sera plus temps de me croire quand il sera trop tard.

▬ Sue Maryia


Sue Maryia • Celle qui était revenue

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02.01.13 3:33
      
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Sue Maryia — Survivante résolue & confinée


I fell but I'll rise above,
'Cause I'm a Survivor.

( :   IMG : BGIMG Ma fiche : Un cookie ? • : Mon inventaire : Un bonbon ? • : Mes chroniques : Un Kitkat ? ) :   ( : ◊ Résidence  :: : au 103, No Man's Land.
◊ Points cumulés :: : 788
◊ P.d.S  :: : 7 ) :   ( :   EXP  :: :
5 / 505 / 50
Destin  :: :
0 / 50 / 5
Savoir :: :
96 / 15096 / 150
) :   ( :   ) :  
Maryia Sue


Informations sur MARYIA Sue
Femme • 1m74 • 60kg • Lieutenant de police
Peur d'être impuissante • Orgueil/Egocentrisme
23 Nov. xx85 (1983)
n°103, No Man's Land

Sue est une jeune femme dynamique et sympathique, le genre de personne bien dans sa vie et dans ses baskets. Non dénuée d'un certain sens de l'humour qui peut se changer en sarcasme quand elle est contrariée, elle est le genre de personne simple et agréable que l'on aime côtoyer. Espiègle et joueuse, elle ose toutes les fantaisies sans se soucier du regard d'autrui. Ainsi, il n'est pas rare de la voir se transformer avec maquillage et accessoires pour arpenter les rues de la capitale dans la peau de divers personnages.
Par-dessus tout, c'est une personne au grand coeur qui a tendance à chaperonner naturellement les plus jeunes qu'elle. Parfois moralisatrice, volontaire mais privilégiant la stratégie à la charge brutale, c'est tout naturellement qu'elle a obtenu le grade de lieutenant dans la police nationale. Un rôle qui lui sied à merveille et lui permet de mettre en avant ses valeurs et ses points forts. Son statut de leader d'une équipe lui correspond assez : elle est au coeur de l'action mais fait preuve du recul nécessaire et de l'intelligence pratique requise pour diriger le groupe et avoir le dessus sur la situation. Cette place dominante sans être écrasante est la situation qui la conforte le plus et qu'elle reproduit instinctivement dès que l'occasion se présente puisqu'elle lui procure une sensation de sécurité et de contrôle qui la rassure.
Revers de la médaille, Sue a tendance à se voir comme l'héroïne d'un roman policier, dénotant un certain égocentrisme. Ce n'est pas la facette de sa personnalité la plus remarquable, mais on la devine omniprésente et discrète quand on la côtoie suffisamment. Elle pense avant tout à elle et à son bonheur, sans se rendre forcément compte que parfois cela signifie écraser son voisin.

Physiquement, elle est d'un banal affligeant. Outre ses couleurs de cheveux extravagantes lorsqu'elle se transforme en dehors de ses heures de travail, elle a naturellement de longs cheveux bruns et des yeux gris. Relativement grande pour une femme, son métier l'oblige à maintenir une bonne forme physique, la dotant d'épaules un peu carrées. Elle est également dotée de traits de visage sévères à cause d'une mâchoire carrée. Néanmoins, il suffit d'un sourire pour éclairer son visage de bienveillance. Seul signe distinctif : sa hanche est marquée d'un tatouage tribal à l'encre noire.




« Qu'es-tu devenue, toi que j'aimais ? Qu'est-il advenu de toi, alors si pétillante ? »


Les souvenirs s'effacent,
les intentions restent.

Ma vie a véritablement commencé lorsque j'avais 11 ans. Lorsque j'ai été envoyée dans un collège privé de la capitale, loin de ma famille et loin de mon village. Ma mère m'avait chassé de la maison car je posais trop de problème, ce fut là la raison officielle de mon départ et celle que j'ai cru pendant de longues années. J'étais aveuglée par la colère, par son abandon et la séparation qu'elle m'imposait. Et puis j'ai oublié et j'ai vécu. Le visage de mon père que je ne portais déjà pas dans mon coeur s'est évanoui et celui de mon petit-frère aussi, pourtant je me souvenais de sa voix et je gardais sa présence toujours quelque part au fond de mon coeur. Je pensais d'abord souvent à lui et les larmes me venaient à chaque fois. J'étais sa grande soeur et je me sentais responsable de lui. Que ferait-il sans moi pour se défaire des caïds de Ravyn's ? Qui casserait la gueule à ceux qui le traitaient à raison de dégonflé pleurnichard ? Comment survivrait-il, tout simplement, sans sa grande soeur pour faire écran ? Je le connaissais par coeur, ne me privant jamais pour lui rappeler à quels points ils avaient raison en ne lui accordant jamais beaucoup d'attention à la maison ou à l'école. Mais je veillais sur lui, parce qu'il était ma famille et que le martyriser était mon privilège d'aînée. Quant à ma mère, elle se résuma bien vite au montant qu'elle versait chaque mois sur mon compte en banque.

Les premiers mois de mon entrée en sixième, elle m'écrivait régulièrement et je lui répondais mais plus le temps passait et moins je me faisais régulière dans mes correspondances. Les mots que je lisais de sa main m'échappaient peu à peu, j'oubliais leur sens tandis que j'apprenais le fonctionnement de ce nouveau monde où elle m'avait catapultée. Jusqu'au jour où j'ai fini par tout oublier et que je n'ai plus lu et qu'elle a cessé d'envoyer.

Entre temps, j'avais fait ma place dans cette école catholique. Les filles qui se connaissaient depuis les premiers bancs de l'école ont vite compris que je n'étais pas la personne idéale pour jouer les souffre-douleurs. Un nez cassé contre le lavabo des toilettes et un coude fêlé sur le carrelage des douches eurent raison de leur combativité tout en me valant des ennuis avec les adultes. Je mis un certain temps avant de comprendre la gravité de mes gestes ici, où asperger une jupe d'eau et couper une mèche de cheveux étaient déjà des humiliations d'un haut niveau. Je finis donc par me plier à ces règles en intégrant le groupe dirigeant du dortoir. Je ne participais que rarement aux humiliations et démonstrations de pouvoir, mais je profitais de ma place pour m'assurer l'immunité à ces traitements désagréables.

Arrivée à la fin des années collège, j'avais mûri et je ne rêvais que de connaître la vie dans ce nouveau monde dont j'étais encore trop coupée à mon goût. Les pensionnats pour filles ayant un fonctionnement très particulier... Je profitai donc des vacances d'été pour expérimenter et me faire virer, par la même occasion. J'avais réussi à me faire poser un piercing après avoir découvert le pouvoir qui résidait dans mon corps qui commençait à évoluer, ce qui était un motif de renvoi pour toute jeune fille à problème dans mon genre. Ma mère en fut informée et elle m'écrivit de nouveau, pour m'informer qu'elle avait tout de même réussi à m'inscrire dans un lycée publique et que j'allais être hébergée chez une vieille dame en échange de quelques services pour gérer la maison. Un deal qui sans m'enchanter me convenait déjà mieux que la prison où j'avais été enfermée. Dans cette dernière lettre, elle m'informait également qu'elle avait envoyé mon petit-frère loin de là et qu'elle espérait qu'il serait "plus gentil que sa soeur".

S'en suivit deux années calmes où j'étudiais moins que je n'explorais la ville, me liant de façon tout à fait inattendue avec la dame chez qui je logeais. Un peu rustre mais tellement attentionnée envers moi... C'était la première fois je crois que quelqu'un me manifestait un réel intérêt. Si j'ai continué à fournir un minimum d'effort en cours, ce fut grâce à elle, pour ne pas la décevoir. Et le jour où elle décéda, durant l'été qui précédait mon entrée en terminale, ce fut en sa mémoire que je décidais de mettre de côté mes envies d'apprendre la vie pour me concentrer sur mon bac.

A la même période, je me liais d'une passion dérisoire pour le collaborateur de mon perceur, un gars d'une vingtaine d'années, loin d'être moche. Par le biais de quelques magouilles, j'ai fini par vivre chez lui, un appartement miteux qui sentait le tabac froid et la bière. Il m'hébergeait gratuitement en échange de mes travaux de femme au foyer, en plus de mes études. Notre cohabitation ne dura qu'une année, mais ce fut une très belle année pendant laquelle il me tatoua la hanche d'un signe que je n'arrêtais pas de griffonner partout et qu'il trouvait "vachement sympa". Cependant, monsieur avait dans l'idée de se poser avec moi, il parlait famille et mariage, là où je ne pensais qu'à mon engagement dans la police nationale et vivre de découvertes.

Chemins incompatibles : fin de la relation.

Après ça, j'ai suivi la formation de policier sans trop de problèmes. A part quelques bizutages qui ont plutôt mal tournés pour les instigateurs -ma vengeance a été glacée- tout s'est déroulé tranquillement et j'ai pu rencontrer des personnes formidables. La vie a suivi son cours pour moi et j'avais alors perdu tout contact avec mon passé. Je ne songeais plus à mon enfance à Phantasmagoria, aux histoires terrifiantes que ma mère m'avait raconté soir après soir comme des avertissements, ni à mon père absent dont j'avais appris la disparition dans une lettre. Plus rien de tout cela n'avait de prise sur moi et ce fut pire lorsque les versements de ma mère cessèrent car elle avait appris mon engagement dans la police et ne cautionnait pas cette orientation.

J'étais seule dans ce nouveau monde, mon monde désormais et je vivais une vie pleine et heureuse. Après quelques années de service, je fus gradée lieutenant, ce qui me promettait une belle carrière. J'avais trouvé ma voie semblait-il, jusqu'au jour de l'accident quelques mois plus tard.

Aujourd'hui encore, j'ignore ce qui s'est vraiment passé ce jour-là. Le psychologue parle d'un blocage mental, une sorte de protection que mon cerveau a mis en place pour me préserver d'un choc émotionnel trop violent. Et si le rapport dit vrai, que j'ai vraiment tiré dans la tête de mon collègue en voulant tirer sur le criminel armé que nous poursuivions, alors je comprends pourquoi mon cerveau a dit "nope".
Après l'enquête interne et ma mise à pied temporaire, il a été décidé que ce n'était qu'une bavure, un accident. Mise hors de cause, mais toujours sous le choc, il fut décidé que je serais transférée ailleurs, là où je pourrais oublier et me reconstruire. Je fus donc mutée et en apprenant le nom de ma destination, je compris, au fond de moi, que si mes supérieurs m'avaient pardonnée, quelqu'un d'autre m'avait jugée coupable.

Phantasmagoria.

Le village qui m'avait vu naître. Les souvenirs revinrent peu à peu et avec eux une pensée pour ma mère, un regret, une excuse. Et la certitude que désormais, plus rien ne serait doux et simple. Mon univers partait en fumée, une nouvelle fois.

Pardon Maman, car je n'ai pas su me garder en sécurité
Pardon Maman, car je reviens.




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